Réchauffement climatique : les fleurs deviennent plus sombres et ce n’est pas une bonne nouvelle…

Suite à l’étude de plus de 1200 fleurs durant plusieurs décennies, un chercheur américain a fait une découverte surprenante.

Pensée sauvage
Source : Instagram

Nous sommes loin d’être les seuls à ressentir les effets du changement climatique. Et c’est d’ailleurs ce qu’a découvert un chercheur américain spécialiste en botanique et qui a étudié des herbiers du monde entier depuis 1941.

Pourquoi les fleurs deviennent-elles plus sombres ?

Matthew Koski, chercheur au département de biologie de l’Université Clemson de Caroline du Sud a récemment publié un article dans la revue scientifique Current Biology dans lequel il décrit et tente d’expliquer les changements qu’il a pu observer au cours de ses études.

Durant presque 80 ans, il s’est attelé à étudier des herbiers regroupant des plantes du monde entier. Au total, ce sont plus de 42 espèces et 1239 fleurs différentes qu’il a passé au crible durant toutes ces années. Avec de tels échantillons, ce chercheur en biologie a donc pu décrire précisément les évolutions observées au cours de plusieurs décennies. 

D’après ces résultats obtenus, il a pu observer qu’en presque 80 ans, les pétales des spécimens de fleurs récoltés “aujourd’hui’ présentaient une teneur en pigment supérieur de 2 %.

Pour le chercheur il s’agirait d’un mécanisme de protection du végétal qui a tendance à produire plus de pigments pour se protéger du soleil et des rayonnements ultraviolets du soleil. En d’autres termes, les pétales de fleurs vont agir de la même manière que la peau humaine qui va bronzer et produire plus de mélanine pour se protéger des rayons du soleil. 

Une mauvaise nouvelle pour le futur ?

Durant son étude, Matthew Koski a également pu mettre en évidence que les végétaux qui présentent la plus forte teneur en pigments avaient poussé proches des pôles.

Or si ce phénomène est davantage marqué proche des pôles, c’est très loin de n’être qu’une coïncidence. C’est tout simplement parce que le fameux trou dans la couche d’ozone se situe au niveau des pôles, au-dessus de l’Arctique plus précisément.

De manière générale, la couche d’ozone s’amincit progressivement à l’échelle de toute la planète. Cette couche de gaz qui était alors censé arrêter les rayons UV n’en filtre maintenant qu’une partie. Ceci explique donc les résultats observés par Matthew Koski…

On savait déjà que la couche d’ozone s’amincissait, que le trou dans la couche d’ozone avait tendance à s’agrandir au fil des ans, et maintenant, une preuve de plus vient s’ajouter à la liste des faits… Les pétales des fleurs doivent eux aussi s’adapter pour survivre à cette augmentation des rayons UV.

Les plantes sont plus intelligentes que ce que l’on pense !

La nature est merveilleuse et on a souvent tendance à oublier le génie d’adaptation des êtres vivants.
Car si certains pétales vont avoir tendance à produire plus de pigments pour se protéger des UV, d’autres pétales, notamment ceux qui protègent le pollen, vont avoir tendance au contraire à diminuer leur pigmentation. Un comportement surprenant, mais qui pourtant est d’une logique à toute épreuve.

En effet, les surfaces foncées (peau, pétale, toit d’habitation, vêtement…) ont tendance à capter la chaleur, à l’emmagasinage et donc potentiellement à surchauffer.

Si un tel événement venait à passer, et si le pétale plus sombre chauffait un peu trop, alors le précieux pollen risquerait de sécher, et cela signerait tout simplement l’impossibilité pour la fleur de se reproduire et la mort de l’espèce végétale.

Cette adaptation aux conditions extérieures est le fruit d’un mécanisme de survie inné chez tous les êtres vivants.

Mais les scientifiques cherchent encore à savoir s’il s’agit d’un changement profond (au niveau génétique) ou un changement ponctuel qui répond à une nécessaire adaptation mometannée.

Ils se demandent également quels seront les impacts sur les insectes pollinisateurs, des butineurs qui sont indispensables à la survie de nombreuses espèces et de 85% des fruits, des légumes et des céréales que nous mangeons au


Julien Jimenez

Julien Jimenez

Editeur du site Barbanews.com