Macron présente une stratégie pour lutter contre le séparatisme islamiste en France

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Délivré le: 19/02/2020 – 09:12

Le président français Emmanuel Macron a annoncé une série de mesures pour lutter contre ce qu'il appelle le «séparatisme islamiste» dans le pays. Il s'agit notamment de limiter le nombre d'imams étrangers et de renforcer les contrôles sur le financement des mosquées.

Macron a passé mardi après-midi dans le quartier populaire de Bourtzwiller à Mulhouse, une ville de l'est de la France qui est l'une des 15 régions participant à un programme de lutte contre le séparatisme islamiste.

Macron a présenté la stratégie nationale visant à lutter contre les influences étrangères sur la culture islamique en France, insistant sur le fait qu'il ne s'agissait en aucun cas d'un plan contre l'islam lui-même.

Premièrement, la France supprimera progressivement son programme d'accueil des imams envoyés par d'autres pays comme la Turquie et l'Algérie.

Au lieu de cela, le nombre d'imams formés en France sera augmenté.

"Ceux en France seront déjà autorisés à rester pour terminer leur mandat", a expliqué Macron.

Lois de la République

"Nous formerons des imams en France afin qu'ils puissent maîtriser la langue française et les règles de la République", a-t-il expliqué.

"Il est extrêmement important de s'éloigner d'une forme insulaire de l'islam pour aider à réduire les influences étrangères et assurer que chaque personne respecte les lois de la république."

En plus de cela, l'hébergement des quelque 300 personnes qui viennent chanter des psaumes au ramadan, la période annuelle de jeûne sera également suspendue.

Un regard attentif sur le financement

L'une des autres mesures clés annoncées est un contrôle plus strict du financement étranger des édifices religieux et des mosquées pour éviter les projets suspects.

"Nous devons savoir d'où vient l'argent, qui le reçoit et ce qu'il en fait", a déclaré le président.

La grande mosquée d'An-Nour à Mulhouse en est un exemple.

La construction d'un immense complexe avec piscine, écoles et magasins, financé en partie par une ONG au Qatar, est actuellement suspendue en raison d'une enquête.

Programmes de langue et de culture autochtones à suivre

Enfin, l'autre mesure clé est l'annulation d'un programme de langue et de culture étrangères connu sous l'acronyme Elco – l'enseignement de la langue et de la culture autochtones (enseignement de la langue et de la culture d'origine), qui selon Macron est un mécanisme qui favorise formes de séparatisme.

Neuf pays en seraient affectés – Algérie, Croatie, Espagne, Italie, Maroc, Portugal, Serbie, Tunisie et Turquie dès septembre 2020.

Les enseignants de ces programmes sont choisis par les gouvernements des pays respectifs, un système qui existe en France depuis 1977 et dessert quelque 80 000 élèves par an.