Des marques jugées racistes vont changer leur icône suite au #BlackLivesMatter

La société continue d'évoluer pour lutter contre le racisme, mais le chemin est encore long. Aujourd'hui, un nouveau pas en avant semble sur le point d'être effectué.

Histoire de ne pas sombrer dans le nihilisme pur et dur, autant le dire clairement : oui, l’humanité a évolué au sujet du et des changements très positifs ont évidemment vu le jour au cours des derniers siècles. Mais cela veut-il pour autant dire que le racisme est désormais derrière nous ? Non, bien au contraire. Cela veut en revanche dire qu’il est plus insidieux, plus diffus, mais pas pour autant moins oppressant ou traumatisant pour ceux qui doivent le subir au quotidien.

Black Lives Matter : le hashtag comme symbole d’un monde qui ne tourne pas rond

Black Lives Matter. Trois mots qui, en anglais, signifient « Les vies des personnes noires comptent« . En 2020, est-ce normal de devoir écrire de tels mots pour que les gens comprennent que nous sommes tous égaux ? Il semblerait.

A l’origine de ce mouvement qui dure depuis plusieurs jours, la terrible mise à mort de George Floyd, un homme afro-américain, tué par un policier lors d’un contrôle routinier. La violence de cet homme blanc n’est ni excusable, ni même explicable, ne présentant aucun signe de contestation. Pourtant, il aura écrasé sa victime avec son genou, pendant huit minutes. « Je ne peux plus respirer » supplie George Floyd. Et il ne respirera plus jamais après ça.

Des passants, dans l’incapacité de venir en aide à George Floyd (les trois autres policiers présents sur place les empêchent d’intervenir) filment la scène. Rapidement, les vidéos se retrouvent sur les réseaux sociaux et font le tour du monde entier. Les policiers sont mis en examen, ils risquent gros. Mais est-ce assez ? Non. Combien de victimes noires n’ont pas été filmées ? Combien d’entre elles sont mortes sans aucune autre raison que la couleur de leur peau ? Les temps doivent changer.

Source : capture Instagram @blacklivesmatterfoundation

Une société à reconstruire

Les citoyens se retrouvent dans la rue, manifestent pour leur droit ; leur droit de vivre. Les célébrités prennent la parole, à l’image de Taylor Swift et Selena Gomez. Des changements drastiques doivent s’opérer, les mentalités n’évolueront que si nous nous unissons tous. Pourtant, en parallèle du hashtag Black Lives Matter, un autre devient viral : All Lives Matter. Créé par des mouvements d’extrême droite qui cherchent en réalité plus à diviser qu’à unir puisqu’ils s’approprient par ce hashtag une souffrance qu’ils ne connaissent pas. 

Autant mettre les choses au clair : le privilège blanc existe. Cela ne veut pas dire que la vie d’une personne blanche sera par définition facile. Mais cela signifie que sa couleur de peau ne s’ajoute pas à sa vie comme un fardeau supplémentaire, la rendant d’autant plus compliquée. Et tirer la couverture vers soi par un hashtag démontre plus une volonté de s’approprier des maux dont on ignore les conséquences.

La différence entre être une bonne personne et ne pas en être une est justement de reconnaître ce privilège et de ne pas le nier, mais de l’utiliser pour aider ceux qui n’en bénéficient pas. Le racisme n’a jamais empêché les personnes de couleur d’exister. Elles sont réelles, elles sont là, et elles ont besoin que des combats soient menés pour que leur existence ne se réduisent pas qu’à une succession d’embuches. 

Vers la fin de packagings racistes ?

Les évolutions d’une société passent autant par des changements majeurs que par des évolutions plus mineures, mais non moins déterminantes. Et cela pourrait être le cas avec la possible disparition de deux icônes jugées (à juste titre) racistes : Aunt Jemima et Uncle’s Ben. 

La première est une femme afro-américaine qui prête son visage pour orner des bouteilles de sirop d’érable depuis plus de 130 ans. Le second, plus connu chez nous, est un homme afro-américain qui, de son côté, orne les emballages de riz.

Aunt Jemima est une référence non dissimulée aux servantes noires du sud des États-Unis. Par conséquent, cela renvoie au passé esclavagiste du pays, qui avait par la suite évolué vers une ségrégation autrement plus inhumaine. Un passé fait de discrimination et de racisme dont la marque souhaite se séparer aujourd’hui, en marge des manifestations actuelles.

Source : Instagram

Pour Uncle’s Ben, la marque ne se montre pas aussi catégorique et nous ignorons si le visage souriant de l’afro-américain disparaîtra à l’avenir. Il fait pourtant référence aux plantations de coton et riz qui ont enrichi les États du Sud (et les personnes blanches propriétaires) alors que c’étaient des esclaves noirs qui y travaillaient.

Le groupe Mars, propriétaire d’Uncle’s Bens a cependant spécifié qu’il rejoint le combat pour la justice sociale et qu’ils sont de tout coeur aux côtés de la communauté afro-américaine.


Pierre Costero

Pierre Costero

Passionné d'écriture, je suis rédacteur web depuis sept ans. Je m'intéresse à l'actualité médiatique et la vie des célébrités en partageant avec justesse les dernières nouveautés brûlantes.