Bracelets anti-rapprochement : une incroyable solution pour lutter contre les violences conjugales

Les violences conjugales et les féminicides sont devenus, heureusement, de vrais enjeux de société que le gouvernement souhaite combattre. Et cela pourrait passer par ces bracelets électroniques.

Bracelets anti-rapprochement

En 2020, entre janvier et mi-juillet, près de 40 femmes sont mortes sous les coups de leur conjoint. En 2019, elles étaient 70. Ces meurtres odieux sont de plus en plus mis en avant par la société qui souhaite combattre ce mal insidieux qui a pendant été longtemps caché, recouvert par la honte et les secrets. Les oeuvres télévisuelles et cinématographiques n’hésitent plus à mettre en avant ces relations malsaines et on se rappelle tous du discours de Nicole Kidman aux Emmy Awards. En remportant le prix de la meilleure actrice pour son rôle de Celeste dans Big Little Lies, la comédienne n’a pas hésité à parler des violences conjugales, en affirmant qu’il fallait ouvrir le et enrichir les conversations. Dans la série (diffusée sur TF1 à la rentrée), elle interprète une femme battue par son mari, et le show présentait avec un bluffant réalisme toute la complexité derrière ces relations.

La solution du bracelet anti-rapprochement

Pour les anciennes victimes de violences conjugales qui ont pu se défaire des coups de leur conjoint, les bracelets représentent un véritable espoir. C’est le 25 septembre dernier que ces bracelets permettent de signaler aux femmes si elles se trouvent dans un périmètre proche de leur bourreau. Le système est simple : les hommes / bourreaux portent un bracelet électronique qui est fixé à la cheville. De leur côté, les femmes / victimes sont équipées d’un boitier GPS. Et si les deux récepteurs se rapprochent trop, un message est envoyé aux forces de l’ordre (la zone de rapprochement aura été décidée au préalable par le juge en charge de l’affaire).

Cela permet de se cette manière aux femmes de ne jamais se retrouver proches de leur ancien conjoint et d’être de cette manière en totale sécurité. Pas convaincu ? Sachez que le bracelet électronique anti-rapprochement circule en Espagne depuis 2009. Et depuis cette année là, aucun féminicide n’a été commis par un homme qui était surveillé de cette manière. Il s’agit donc d’une réelle solution pour les anciennes victimes qui vivent dans leur peur de croiser leur ancien compagnon, et de perdre la vie sous ses coups. Le bracelet pourrait donc être efficace.

Un système généralisé dans la entière le 31 décembre 2020

C’est à la fin de l’année que les bracelets seront distribués dans la France entière. A l’heure actuelle, 1000 bracelets ont été délivrés, dans les juridictions d’Aix-en-Provence, d’Angoulême, de Douai, Pontoise et Bobigny. Ce seront les juges qui décideront si l’homme devra porter ce genre de bracelet, en fonction des procédures en cours. Cette décision peut se faire dans le cadre d’une procédure pénale (il pourrait s’agir d’une condamnation) ou dans le cadre d’une procédure civile (ordonnance de protection de la femme qui s’estime en danger). Dans ce deuxième cas en revanche, l’accord du présumé conjoint violent devra être obtenu. S’il refuse, une pénale peut être ouverte. 

La durée totale du port du bracelet ne peut cependant pas excéder les deux ans. Six mois sont d’abord annoncés, mais peuvent être renouvelés si besoin. La distance qui sépare le bracelet du GPS de la femme ne peut être inférieure à 1 km, et ne peut pas dépasser les 10 km. Le juge détermine cette distance en fonction du cas qu’il a sous les yeux, tout en vérifiant cependant à respecter la dignité de son porteur, par rapport à sa vie privée, familiale et professionnelle. Le port du bracelet ne doit en outre pas limiter ou compromettre son insertion sociale et ses modes de déplacements habituels seront étudiés.

Le port du bracelet peut s’arrêter si les deux partis ont trouvé un accord en cours de route, ou que la vie du porteur devient trop compliquée – si cela porte atteinte à sa vie privée notamment. Il s’agit cependant d’une réelle solution pour empêcher les récidivistes de commettre des crimes. Car trop de violences conjugales sont laissées sous silence, nous ne pouvons que saluer cette proposition qui sera, on l’espère, aussi efficace qu’en Espagne. Dès l’année 2021, cette pratique sera généralisée, et nous pourrons voir d’ici quelques années si des effets positifs sont à noter.

 

 


Pierre Costero

Pierre Costero

Passionné d'écriture, je suis rédacteur web depuis sept ans. Je m'intéresse à l'actualité médiatique et la vie des célébrités en partageant avec justesse les dernières nouveautés brûlantes.