L’arabe enseigné à l’école : Macron cède en pleine pandémie de Covid-19 !

Tandis que la France entière se prépare à affronter les terribles conséquences économiques, psychologiques et humaines liées à la crise du Covid-19, Emmanuel Macron vient d'autoriser l'enseignement de la langue arabe à l'école.

Emmanuel Macron autorise l'enseignement de la langue arabe dans les écoles
Source : Wikimedia

Ce jeudi 07 mai 2020, à 16 heures, le Premier ministre Édouard Philippe dévoilera son plan tant attendu autour du déconfinement. Tandis que de très nombreuses interrogations persistent, notamment autour de la réouverture des écoles primaires et secondaires, l’État semble avoir déjà rendu sa copie concernant un tout autre sujet : l’enseignement de l’arabe dans les écoles de France.

En effet, samedi 02 mai 2020, alors que les Français sont actuellement confinés et doivent faire face aux nombreux imprévus et difficultés qui en découlent, un mystérieux décret a été adopté et publié au Journal officiel.

Un « enseignement complémentaire de langue étrangère se rapportant à la langue arabe », « en coopération avec les autorités tunisiennes »

Ce décret, signé par le président de la République , ainsi que le ministre des Affaires étrangères, prévoit point par point l’organisation d’un « enseignement complémentaire de langue étrangère se rapportant à la langue arabe », « en coopération avec les autorités tunisiennes ».

Najat Vallaud Belkacem
Source : Wikimédia

D’après ce nouveau texte de loi désormais adopté en toute confidentialité, cette nouveauté pédagogique vient répondre à un impératif majeur selon l’exécutif : « la diversité linguistique dans le premier degré et de continuité dans le second. »

Ce document, publié au Journal officiel à seulement une semaine de la date annoncée du déconfinement en France, pourrait bien relancer une polémique déjà particulièrement épineuse.

Dès le CE1, les écoliers français étudieront la langue du Coran, comme le souhaitait Najat Vallaud-Belkacem

Ce décret est pourtant très loin d’être une surprise dans le calendrier républicain. En effet, le texte de loi correspond en réalité à un accord franco-tunisien en date du 31 mars 2017, lequel avait alors été initié par l’ancienne ministre de l’Éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem, sous le quinquennat de François Hollande.

Ainsi, en signant ce décret autorisant l’apprentissage de l’arabe dans les écoles françaises, Emmanuel Macron s’inscrit dans la droite lignée de son prédécesseur :

« Cet enseignement est accessible à tous les élèves volontaires, en accord avec leur famille et dans la limite des places disponibles, de la classe de cours élémentaire première année à la classe de cours moyen deuxième année », indique l’article 2 du décret nouvellement adopté. Les cours pourront même se poursuivre durant le collège : « Une continuité des apprentissages sera progressivement et selon les conditions locales, assurée au collège. »

La langue arabe dans les écoles de France : un enseignement facultatif, qui pourra se poursuivre au collège

Le texte de loi adopté dans la discrétion, durant le confinement, précise tout de même que l’enseignement de l’arabe dans les écoles françaises demeurera « facultatif ». Ce décret, qui risque fort de relancer de vives discussions politiques, précise néanmoins que « les résultats obtenus par les élèves dans le cadre de cet enseignement [seront] pris en compte dans l’appréciation générale de leur travail scolaire ».

Najat Vallaud Belkacem
Source : Wikimedia

Ainsi, tout comme les langues gréco-latines, dénoncées comme étant élististes par ladite Najat Vallaud-Belkacem, la langue arabe pourra aider certains élèves dont l’entourage parle arabe à consolider leurs résultats scolaires, en fin de trimestre. Une question se pose alors : quid des impératifs « d’égalité pour tous », pourtant tant prônés par l’ancienne ministre ?

Une autre interrogation demeure : bien que prévue dans le calendrier républicain, l’adoption de ce décret en toute discrétion, alors que les Français ont les yeux rivés sur le déconfinement, ne tombe-t-il pas fort bien pour l’exécutif ?


Cécile Ducommun

Cécile Ducommun

Passionnée de rédaction, je m’intéresse à tous les sujets qui animent l’actualité française et mondiale. Rédactrice web de profession, j’ai à coeur d’informer le lecteur de la manière la plus précise possible, tout en offrant une information qualitative. Pigiste pour Barbanews, j’ai également pour but de contribuer à un canal d’information distinct des grandes rédactions journalistiques omniprésentes sur le web, offrant ainsi un point de vue différent sur notre actualité quotidienne.