Le nouveau Gouvernement sexiste ? Le mouvement Me Too s’indigne

Emmanuel Macron a fait son choix et l’annonce des nouveaux ministres choisis indigne les réseaux sociaux. Pour eux, le choix de certains ministres représente une insulte au mouvement Me Too et à toutes les victimes d’agression sexuelle.

Éric Dupond-Moretti et Gérald Darmanin
Source : Instagram

Le remaniement ministériel a eu lieu. Alors que la crise de la COVID-19 touche encore la France, Emmanuel Macron a procédé au changement de ses ministres, quelques jours après la démission d’Edouard Philippe de son rôle de premier ministre. Il a été remplacé par Jean Castex, peu connu des citoyens français.

Mais ce n’est pas tant l’annonce du premier ministre qui a choqué mais plutôt celles de certains hommes à la tête de ministère. Sur Twitter, le hashtag Me Too est revenu en force, on vous explique pourquoi.

Gérald Darmanin visé par une plainte pour viol

Gérald Darmanin a été nommé par pour prendre en charge le ministère de l’Intérieur. L’homme de 37 ans est cependant connu pour une affaire d’agression sexuelle, lui qui est visé par une plainte pour viol. Et cela pose un réel problème. Mais la polémique a pris une grosse ampleur dès lors que l’Élysée a pris la parole, expliquant que cette accusation n’est « pas un obstacle » à son nomination comme Ministre.

Sur Twitter, les internautes se sont indignés. « Et bien ça a le mérite d’être clair. Ce remaniement – intérieur& justice notamment – est une insulte à toutes les victimes de violences sexistes et sexuelles, à toutes celles et ceux qui luttent pour l’égalité. Un gouvernement en marche arrière » peut-on notamment lire.

Les détracteurs du mouvement Me Too le réduisaient à des actions de délation qui allaient ruiner la vie des personnes visées. La réalité prouve bien le contraire. 

Gérald Darmanin
Source : Instagram

: un symbole anti Me Too

Mais la nomination d’Éric Dupond-Moretti fait également réagir. Pour Laurence Rossignol, ancienne ministre déléguée à la famille, l’enfance et aux droits des femmes, cette nomination plus celle de Gérald Darmanin sont « une formidable claque qu’Emmanuel Macron lance au visage de toutes celles et ceux qui se sont mobilisés contre les violences sexuelles et sexistes. C’est un très gros problème, parce qu’a minima, ces deux hommes n’ont aucun engagement sur ces sujets« .

Selon elle, Éric Dupond-Moretti n’a de son côté « jamais caché son aversion pour tout ce qui est le mouvement Me Too, la loi sur le harcèlement de rue« .

L’ancienne ministre à une pensée pour Marlène Schiappa, comme elle l’explique : « Quel désaveu pour Marlène Schiappa, qui a fait voter la Loi sur le harcèlement de rue de que de voir un ministre de la Justice qui a clairement dit tout le mépris qu’il avait pour ce qui était une avancée ! »

Eric Dupond-Moretti
Source : Instagram

Éric Dupond-Moretti regrette le sifflement dans la rue

L’avocat connu pour avoir défendu des personnalités jugées indéfendables a fait parler de lui à plusieurs reprises, mettant en avant des idées qui n’ont absolument rien à voir avec le mouvement Me Too, et qui l’imposent comme l’ennemi symbolique :

Il avait notamment dit sur LCI « que siffler une femme devienne une infraction pénale, c’est ahurissant. La bienséance doit régler cela, pas la loi ». Des propos qui avaient choqué les femmes du mouvement, qui souffrent du harcèlement de rue et qui étaient heureuses de constater que ces actions n’allaient plus rester impunies.

Il ne s’était pas arrêté là puisqu’il avait poursuivi avec les mots suivants : « Et puis il y a d’ailleurs des femmes qui ont dit ‘Moi, ça me fait très plaisir d’être sifflée‘. J’ai entendu ce matin une dame que je ne nommerai pas mais que j’aime beaucoup qui dit ‘Moi, je ne regrette de ne plus l’être’. On ne peut pas monter les uns contre les autres en permanence« .

Un opinion qui tranche avec les positions du mouvement Me Too, ce qui explique pourquoi aujourd’hui, sa présence au Gouvernement fasse grand bruit sur Twitter.

Sur Twitter, les comptes s’indignent

Certaines personnes ont cependant décidé d’apporter leur soutien à Gérald Darmanin, expliquant qu’un accusé n’est pas forcément un coupable. Les défenseurs du mouvement Me Too expliquent finalement qu’ils sont d’accord et que ce n’est pas tant Gérald Darmanin qu’ils visent, mais sa nomination comme Ministre. 

Cela renvoie un terrible message pour eux, celui de la négation de la voix des femmes. Après les Césars (Roman Polanski qui est reparti avec deux prix), le message semble clair pour ceux qui font activement parti du mouvement : vous pouvez parler, mais vous ne serez pas entendu.

 


Pierre Costero

Pierre Costero

Passionné d'écriture, je suis rédacteur web depuis sept ans. Je m'intéresse à l'actualité médiatique et la vie des célébrités en partageant avec justesse les dernières nouveautés brûlantes.