Ouighours en Chine : une ONG dénonce une pratique qui fait débat, les grandes marques sont concernées

La Chine a mis en place des camps de travail pour récolter voire transformer le coton. Dans ces camps des ouighours sont contraints de travailler dans des conditions lamentables.

Muraille de Chine Pixabay

La Chine n’est vraiment pas le pays champion du monde en matière de droits de l’homme et de libertés individuelles. Par contre, la Chine est l’usine du monde. Selon le magasine L’Usine Nouvelle, un quart de la valeur ajoutée manufacturière est produite en Chine. Mais, la guerre commerciale qu’elle mène actuellement à l’Amérique du Nord et plus précisément aux USA peut lui causer préjudice. De plus, la réglementation commence à devenir plus contraignante en Chine. D’autre part, certains des pays qui sont dépendants de la Chine pour leurs approvisionnements commencent à installer des usines plus robotisées en relocalisant certaines productions. Mais l’autre gros problème est le comportement de la Chine vis-à-vis des ouighours. En effet, la Chine s’illustre dans la répression des minorités. Il faut savoir que 92 % des Chinois sont de l’ethnie des Hans. Certaines marques ont décidé de réagir.

Une  population turcophone pratiquant l’

Les ouighours sont eux originaires du Turkestan Oriental, qui est une province sous l’autorité de Pékin. Ceux-ci sont Turcophones et pratiquent l’islam. Ils font l’objet de persécutions et certains témoins parlent de génocide. Ceci explique le fait que le footballeur germano-turc Mesut Özdil s’en était ému sur les . Suite à cela, les autorités chinoises avaient invité le footballeur à venir en Chine pour vérifier de ses propres yeux ce qui se passaient. En effet, Pékin avait précisé que l’attaquant d’Arsenal était victime de désinformation. Néanmoins, les autorités chinoises avaient, dans la foulée, annulé une retransmission d ‘un match de l’Arsenal. Mais différentes ONG confirment les persécutions contre cette minorité religieuse. En effet, il s’avère, toujours selon ces organisations, que le  peuple ouighours est interné dans des camps et soumis aux travaux forcés dans le cadre de la production du coton et de sa transformation.

De grandes marques sont mises en cause par les organisations non gouvernementales

Les militants d’une coalition de 180 associations œuvrant dans les droits de l’homme dénoncent la situation. Selon elles, dans le monde, un vêtement en coton sur cinq vient de la province chinoise du Xinjiang. Or, c’est dans cette région que vivent et sont majoritairement internés les ouighours. Ceux-ci sont dans des camps qui les contraignent à travailler, sans bien entendu la moindre rémunération et dans des conditions contraires à la dignité humaine. Il faut savoir que la Chine est le plus grand fournisseur de textiles en coton et que 84 % de ce coton provient de la province de Xinjiang. Les membres de ces associations ont mis en cause de nombreuses grandes marques qui se fournissent dans cette province. Selon leurs études, 38 grandes marques seraient concernées et non des moindres.

La mise en cause de marques réputées

Des marques aussi prestigieuses qu’Abercrombie ou encore et Adidas sont mises en cause. Mais leurs concurrents semblent eux aussi s’approvisionner dans cette région. Selon ces ONG, Nike, Lacoste, Tommy Hilfiger et même Victoria’s Secret s’approvisionnent eux aussi dans cette région. Selon les militants de ces associations, la seule façon pour ces marques de faire cesser cette exploitation est d’arrêter de s’approvisionner dans cette région. Suite à cela, de nombreuses marques ont indiqué qu’elles allaient être particulièrement attentives à la transparence de leurs fournisseurs en la matière. D’autres encore, ont indiqué qu’elles avaient changé de fournisseurs pour ne pas risquer de faire travailler des structures réduisant des minorités ethniques en esclavage. Bien entendu les autorités chinoises nient.

Une vidéo gênante

Néanmoins une vidéo est apparue sur les réseaux sociaux montrant des personnes qui sont supposées être des ouighours, les yeux bandés, être contraintes de monter dans un train. L’ambassadeur de Chine au Royaume Uni a été confronté à ces images. Il a simplement déclaré qu’il s’agissait d’un transfert de détenus de droit commun. Toujours est-il que cette action a incité les marques à faire preuve de prudence avec ses fournisseurs.