Beyrouth : un cratère de 43 mètres de profondeur creusé par l’explosion !

Mardi 4 août, deux violentes explosions ont soufflé le port et une partie de la ville.

Mardi 4 août 2020. Peu après 18 heures, heure locale, deux violentes déflagrations retentissent en ville, du coté du port. Quelques instants plus tard, des panaches de fumée orange s’élèvent au-dessus du port. Des nuages de poussière flottent sur la ville. En quelques instants le port et une partie de la ville sont soufflés. Les habitants de Beyrouth, incrédules, décrivent la catastrophe. Les se remplissent de messages et de vidéos. Les dégâts sont considérables. Les quartiers près du port sont devenus d’immenses champs de bataille ; ruines et décombres offrent un paysage de désolation. Les habitants contemplent hébétés ce qu’il reste de leurs maisons. Les uns se dirigent vers les hôpitaux, les autres tentent de retrouver leurs proches. A ce stade de la catastrophe, les autorités ignorent l’étendue des dégâts. Ce n’est qu’au fur et à mesure que la soirée s’avance que les informations filtrent. Une grande partie des habitants de la ville ont perdu leur toit et sont sans abri. On apprendra le lendemain que le bilan est très lourd.

Un lourd bilan

Le dernier bilan connu fait état de 160 morts et de 6000 blessés dont plusieurs dizaines dans un état critique. Ainsi le nombre de peut augmenter à tout moment. D’un autre coté, plusieurs centaines de milliers de personnes ont perdu leur toit. Carlos Ghosn, l’ancien PDG de Renault, qui s’est évadé de façon rocambolesque du Japon, a lui aussi perdu sa demeure dans la catastrophe.

Des négligences à l’origine de l’accident

L’origine de l’accident a assez rapidement été identifiée. En effet, une cargaison de 2700 tonnes de nitrates d’ammonium, un produit hautement explosif, était stockée sans la moindre précaution dans le port. Les autorités ont, dès le lendemain de la catastrophe, créé un comité d’investigation avec pour mission d’enquêter et de déterminer les causes et les responsables de l’accident en quatre jours.

Aucune piste n’est écartée

Le comité d’investigation ne devrait pas tarder à rendre son rapport. Mais pour le moment, peu d’informations ont filtré. On sait cependant qu’un certain nombre de fonctionnaires ont été mis en garde-à-vue et que les avoirs notamment du directeur des douanes ont été gelés par le . Emmanuel Macron avait proposé une enquête internationale mais le président libanais a rejeté cette proposition. Le chef de l’Etat libanais préfère que la tâche soit accomplie par les enquêteurs libanais. Par contre, aucune piste n’est écartée puisque le Liban a demandé à la France de lui fournir des images aériennes afin de pouvoir vérifier qu’aucun élément extérieur ne se trouvait dans l’espace aérien au-dessus du port. En effet, certains libanais soupçonnent une attaque terroriste même si pour le moment aucun indice ne va dans cette direction. Cependant, de nombreux libanais pointent l’incompétence et l’incurie des autorités. De nombreuses manifestations ont eu lieu ces jours derniers. Les manifestants ont attaqué plusieurs bâtiments publics. La ministre de l’information vient de démissionner en s’excusant de ne pas avoir réussi à répondre aux attentes du peuple.

Un cratère de 43 mètres de profondeur creusé par l’explosion

Le nombre de victimes et l’importance des dégâts prouvent la violence des déflagrations. Selon les évaluations faites par des experts français en explosifs dépêchés sur place, les explosions ont creusé un cratère de 43 mètres de profondeur dans le port. A titre de comparaison, l’, situé place de l’étoile à Paris a une hauteur de 49,54 mètres. La puissance de l’explosion n’est pas connue. Par contre, lors d’essais nucléaires réalisés dans le Névada au début des années 60, une bombe nucléaire de 104 kilotonnes avait, elle, creusé un cratère de près de 100 mètres. On peut donc estimer la puissance de l’explosion à environ 50 kilotonnes. La bombe de Hiroshima elle, était de 22 kilotonnes.