Black Mirror saison 5 : la série gagne en subtilité

Pour cette cinquième saison, la série britannique Black Mirror diffusée sur Netflix gagne en subtilité, en ne cherchant plus à choquer pour simplement choquer.

D’après son créateur Charlie Brooker et sa productrice, Annabel Jones, la fiction gagne ainsi en réalisme.

Avec la saison 5, l’anthologie la plus populaire du moment semble chercher un nouveau souffle. , magistrale compilation d’histoires se déroulant dans le futur et terriblement crédibles, a immédiatement su trouver son public avec des récits tragiques, sur fond de nouvelles technologies poussées.

En étant diffusée par la plateforme de streaming , qui propose de nombreuses nouveautés en avril 2020, la série s’est quelque peu diversifiée. Avec la saison 5, qui ne contient que trois épisodes, elle revisite de manière ambiguë des thèmes qui parleront à tout un chacun comme la nuisance des réseaux sociaux, la face obscure de la célébrité ou encore l’infidélité. Toutefois, Black Mirror semble ne plus vouloir choquer à tout prix. Alors, aurait-elle perdu de son acidité ?

« Ces nouveaux épisodes ne sont certes pas aussi glaçants que par le passé, mais il est impossible de dire si, au final, ils offrent matière à se réjouir ou à déprimer. Moins extrêmes, leurs conclusions sont toutefois réalistes. Et le fait que les personnages optent souvent pour des compromis nous permet de proposer des résolutions satisfaisantes… même si rien n’est aussi simple dans Black Mirror, ont tenu à expliquer le créateur de la série Charlie Brooker et sa productrice, Annabel Jones. On croit d’abord qu’on a affaire à un happy end. Puis, plus tard, en y repensant, le doute s’installe. Il fut un temps où l’on nous reprochait d’imaginer des chu­tes trop glauques, pessimistes, déprimantes. Ensuite, on nous a dit que nos fins d’épisode étaient trop joyeuses. Donc, la saison prochaine, on ne fera pas de fins du tout (rires) ! »

Les trois épisodes de la cinquième saison de Black Mirror semblent donc rechercher avant toute chose une certaine ambiguïté. « Nous ne sommes pas là pour dicter ce que les spectateurs doivent penser ou ressentir. Notre ambition, c’est de créer un dilemme original, compliqué par un élément technologique. Dans un des épisodes de cette saison, “Striking Vipers”, le personnage central, incarné par Anthony Mackie (Avengers), est un quadra assez conventionnel, marié et père, qui s’ennuie et est tenté par une aventure extraconjugale. Cette tension, classique, est complexifiée par la façon dont il va s’abandonner à son fantasme : via un jeu vidéo en réalité virtuelle, en se glissant dans le corps d’un héros plus jeune que lui, et avec un partenaire… particulier. »

« Comme souvent dans Black Mirror, les frontières sont floues entre le réel et le virtuel, l’abstrait et le concret, mais aussi les genres. »

« La technologie, dans Black Mirror, est toujours neutre. Le drame est provoqué par celles et ceux qui l’utilisent »

Pour le créateur et la productrice de la série, l’erreur est avant tout humaine et non inhérente à la technologie. « La technologie, dans Black Mirror, est toujours neutre. Le drame est provoqué par celles et ceux qui l’utilisent. Dans cette saison, il y a par exemple un épisode, “Smithereens”, qui traite de la dangerosité des réseaux sociaux. Il n’y est pas question de les dénoncer frontalement, mais d’imaginer la conséquence tragique de leur utilisation par le personnage principal (Andrew Scott, le Moriarty de Sherlock, ndlr) », confient-ils notamment, avant de préciser : « Nous avons donc opté pour un cadre contemporain, sans aucune technologie futuriste. D’autres épisodes des saisons passées, comme “Tais-toi et danse”, étaient tout aussi réalistes. »


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Hugo Moratus

Passionné depuis mon plus jeune âge par le web, j'ai passé un bac L avant de me tourner vers la rédaction. Aujourd'hui, j'essaye de lier ces deux passions !