Prélèvements forcés et trafics d’organes soupçonnés en Chine : fausse information ou atroce vérité ?

Selon plusieurs sources et médias, des prélèvements forcés et trafics d'organes seraient orchestrés par la Chine sur ses prisonniers. Est-ce donc une vraie et terrible information ou cette affaire relève-t-elle de la fake news ?

Sur les réseaux sociaux, un article commence à prendre de l’ampleur. Il s’agit de l’article de la journaliste de Vice, Justine Reix.

Elle a en effet réalisé un billet très détaillé portant le nom de « Comment la Chine vend les « organes halal » de ses prisonniers Ouïghours aux riches ». Certains crient au fake tandis que d’autres croient les informations relayées par la jeune femme et son équipe. Alors, vraie ou fausse information ?

L’article se base sur des faits concrets et utilise beaucoup de conditionnel, c’est donc un papier d’étude plutôt que d’affirmation totale. Il est d’ailleurs très détaillé et sa lecture est accessible pour le monde.

La Chine, habituée des prélèvements d’organes sans consentement ?

Le régime communiste chinois est en réalité un habitué de ce genre d’affaire : ce n’est pas la première fois qu’il est épinglé pour prélèvement illégal et trafic d’organes. Au début des années 2000, les grands de la greffe avaient accusé la Chine de trafiquer les organes de ses prisonniers condamnés à mort et avaient apporté des preuves. Selon leurs dires, les organes étaient prélevés dès la mort des prisonniers, sans consentement préalable.

Les autorités chinoises avaient finalement affirmé avoir mis fin à ces pratiques ne tenant pas compte de la question du consentement. Le gouvernement chinois aurait constaté qu’il allait avoir un fort besoin d’organes et aurait donc mis ces pratiques en œuvre pour cette raison.

Selon nos confrères de Libération, la revue BMJ Open aurait également révélé des statistiques effrayantes concernant plus de 440 documents de recherche scientifique chinois publiés entre 2000 et 2017.

99% des documents ne précisaient pas si les donneurs avaient accordé leur consentement pour des dons d’organes et 92,5% des travaux ne précisaient pas si les organes venaient ou non de prisonniers exécutés.

Prélèvements illégaux et trafic dorganes en Chine
Source : capture Twitter

Chine : des prélèvements d’organes sans consentement seraient effectués sur des prisonniers issus de minorités

Cette pratique de prélèvements forcés d’organes en Chine serait notamment effectuée sur les :

  • Condamnés à mort
  • Prisonniers politiques
  • Ouïghours (minorité musulmane)
  • Tibétains
  • Chrétiens
  • Pratiquants de Falun Gong

Ces derniers auraient d’ailleurs largement alerté la communauté internationale de ces pratiques chinoises totalement proscrites.

Protestation contre la persécution des Falun Gong
Source : capture Twitter
  • En 2010, le Congrès des Etats-Unis a réagi en votant une résolution mentionnant le trafic et prélèvements d’organes qui concernaient les pratiquants du Falun Gong
  • Au cours de l’année 2013, le Parlement Européen a condamné les prélèvements forcés d’organes humains acceptés par le régime communiste chinois, touchant notamment les pratiquants de Falun Gong
  • En 2016, la Chambre des représentants des Etats-Unis a adopté une résolution demandant à l’Etat Chinois d’arrêter les prélèvements forcés d’organes sur des pratiquants de Falun Gong et d’autres prisonniers

Chine : les détenus Ouïghours seraient victimes de prélèvements d’organes sans consentement

Selon Justine Reix, les prisonniers Ouïghours seraient désormais particulièrement concernés par ces prélèvements d’organes sans autorisation. Les minorités musulmanes ne sont pas bien vues en Chine où elles sont considérées comme des ennemies de l’Etat, au même titre que les Tibétains ou que les catholiques.

Un rapport d’Amnesty International reporte qu’un million de Ouïghours seraient détenus, sans procès ni vraie raison, dans des « camps d’internement » où ils sont condamnés à du travail forcé.

La Chine a d’abord nié l’existence de ces camps puis les a reconnus fin 2018. Elle les appelle désormais les « camps de transformation par l’éducation ». En plus du travail forcé, les organes des prisonniers seraient donc prélevés sans consentement et alimenteraient un trafic à échelle internationale.

La Chine fait partie des pays où l’attente pour une greffe est le moins long, avec un nombre de donneurs enregistrés très faible

Depuis 2016, la Chine procéderait à des tests médicaux « douteux » dans la région du Xinjiang, actuellement autonome. Ces bilans seraient obligatoires seulement pour la minorité Ouïghour ayant entre 12 ans et 65 ans. Prélèvement de sang, examens et échographies des organes… l’Etat chinois n’aurait pas donné de justification au sujet de ces tests.

https://www.facebook.com/724185704338599/posts/3082957891794690/?vh=e&d=n

 

Il faut savoir que la Chine constitue l’un des pays où le temps d’attente pour une greffe est le moins long ! Dans le pays, l’attente moyenne pour recevoir un organe est de 12 jours seulement, contre plusieurs mois voire années dans d’autres pays comme la France ou les Etats-Unis.

Pourtant, il y a peu de donneurs d’organes enregistrés : seulement 373 536 chinois. Ce faible chiffre s’explique notamment par le faire que la culture chinoise incite à garder le corps des défunts intacts après leur mort. Les prélèvements d’organes sont donc déconseillés.

Tous ces éléments alimentent donc fortement les doutes sur un potentiel trafic d’organes émanant de la Chine, suite à des prélèvements d’organes sans consentement de la part des prisonniers chinois (notamment les détenus Ouïghours). Et vous, vous y croyez ?

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