Un prêtre français admet pendant 20 ans un boy-scout caressant dans un procès pour abus sexuels

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Accusé d'avoir abusé sexuellement de dizaines de boy-scouts dans les années 70 et 80, un prêtre catholique français a avoué devant le tribunal des "caresses" qu'il savait interdites, affirmant depuis 20 ans "que cela arrivait chaque week-end".

Bernard Preynat a déclaré à un tribunal de Lyon le premier jour de son procès qu'il aurait pu s'agir de "quatre ou cinq enfants par semaine".

"Pour moi, à l'époque, je ne commettais pas d'agression sexuelle mais je donnais des caresses, des câlins", a-t-il expliqué. "J'avais tort."

La voix de Preynat aurait vacillé alors qu'il admettait que les interactions "m'apportaient du plaisir sexuel".

Mais alors qu'il savait que les actions étaient interdites, il a dit qu'il n'avait finalement compris qu'elles étaient illégales grâce aux "accusations des victimes".

Les accusateurs étaient âgés de sept à 14 ans lorsque les crimes présumés ont été commis entre 1971 et 1991, lorsque Preynat était chef scout à Lyon.

Les allégations contre lui ont déclenché la plus grande crise de l'Église française depuis des décennies et l'année dernière, un cardinal a été condamné pour avoir dissimulé les crimes présumés.

Preynat a été défroqué par l'Église en juillet dernier.

L'église Saint-Luc de Sainte-Foy-lès-Lyon, où le père Preynat a été prêtre de 1971 à 1991.

L'église Saint-Luc de Sainte-Foy-lès-Lyon, où le père Preynat a été prêtre de 1971 à 1991. JEFF PACHOUD / AFP

D'anciens éclaireurs ont affirmé qu'il les avait touchés et embrassés et les avait contraints à des caresses réciproques pendant qu'ils étaient sous sa garde, y compris dans les camps. Il nie avoir jamais embrassé les garçons sur la bouche.

Dix accusateurs et plusieurs associations de victimes sont des parties civiles à la procédure.

Le cardinal Barbarin fait appel

L'affaire a été révélée pour la première fois en 2015 lorsqu'un ancien boy-scout a rendu public des allégations selon lesquelles Preynat l'avait maltraité dans son enfance 25 ans plus tôt.

Un filet de témoignages initiaux s'est rapidement transformé en déluge, avec plus de 80 autres personnes présentant des allégations d'abus.

En mars de l'année dernière, un tribunal de Lyon a jugé le cardinal français Philippe Barbarin coupable de ne pas avoir dénoncé les plaintes contre Preynat.

Barbarin, l'archevêque de la ville et le plus haut dignitaire religieux français à avoir été pris dans le scandale mondial de la pédophilie, a été condamné à six mois de prison avec sursis.

Lors du procès, le cardinal a déclaré qu'il avait confronté Preynat au sujet des "rumeurs" d'abus en 2010, mais avait laissé tomber l'affaire après que le prêtre eut insisté sur le fait qu'il avait changé.

En 2014, après avoir rencontré l'une des victimes, Barbarin a contacté le Vatican au sujet de l'affaire. Preynat a été suspendu jusqu'en septembre 2015.

Les autorités civiles l'ont inculpé d'abus sexuels en 2016. Il risque dix ans de prison.

Le pape François a rejeté l'offre de démission de Barbarin, affirmant qu'il attendrait l'issue d'un appel du cardinal, qui s'est retiré des devoirs de l'Église.

Deux autres personnalités religieuses françaises de haut rang ont été condamnées pour n'avoir pas signalé de maltraitance d'enfants dans le passé: l'archevêque de Bayeux-Lisieux, Pierre Rican, en 2001, et l'ancien évêque d'Orléans, André Fort, l'année dernière.