Macron dénonce la violence policière et appelle à «un code d'éthique amélioré»

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Le président français Emmanuel Macron a appelé la police à régner dans un recours excessif à la force après que les tactiques de contrôle des foules et les procédures d'arrestation eurent été examinées de près pour les mauvais traitements infligés à un manifestant et la mort d'un livreur.

S'exprimant dans la ville de Pau, Macron a dénoncé un «comportement inacceptable» qui «porte atteinte à la crédibilité et à la dignité» des forces de sécurité. Il a appelé le ministère de l'Intérieur à présenter des «propositions pour améliorer le code d'éthique» selon lesquelles il assure l'ordre public.

Le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, a appelé la police à établir une norme exemplaire, car le ministère a assuré qu'il travaillait sur un code actualisé sur la façon dont les officiers devraient se comporter dans des circonstances difficiles.

Ces commentaires font suite à deux incidents qui ont renouvelé le contrôle des méthodes des services de sécurité, qui ont déjà été accusés d'avoir brutalisé des manifestants lors de manifestations publiques, en particulier pendant le mouvement des Gilets jaunes.

Les procureurs de Toulouse ont déclaré à l'AFP qu'ils avaient ouvert une enquête après qu'un officier a été filmé faisant trébucher un manifestant lors d'un rassemblement contre les plans du gouvernement de réformer le système de retraite dans la ville du sud samedi.

Une vidéo de l'incident a été visionnée plus de 60 000 fois sur les réseaux sociaux.

Livreur étranglé près de la Tour Eiffel

Ces dernières semaines ont également vu la mort de Cédric Chouviat, un livreur de 42 ans envoyé à l'hôpital à la suite d'un incident musclé au cours duquel la police l'a arrêté près de la Tour Eiffel le 3 janvier.

Plusieurs vidéos de l'incident montrent Chouviat se disputer et filmer la police avec son téléphone portable avant d'être cloué au sol et étouffé.

Selon l'avocat représentant les quatre policiers impliqués, Chouviat a été arrêté pour avoir refusé de ranger son téléphone alors qu'il conduisait son scooter et a agressé verbalement les policiers.

L'incident a provoqué une crise cardiaque et Chouviat est décédé deux jours plus tard d'une asphyxie due à une fracture du larynx.

Les procureurs ont ouvert une enquête pour homicide involontaire, mais les membres de la famille et les avocats de Chouviat ont déclaré mardi qu'ils étaient déçus qu'aucun des agents impliqués dans l'incident n'ait été suspendu.

Les paroles de Macron mettent en colère les syndicats de policiers

Macron a reconnu que les agents de première ligne étaient souvent confrontés à la «violence et au nihilisme politique» de certains participants aux manifestations publiques, mais les commentaires ont attiré la colère des syndicats représentant les policiers, se méfiant de l'exposition continue à des circonstances difficiles.

«Nous sommes épuisés, nous ne pouvons pas faire preuve de résilience pour toujours», a déclaré Thomas Toussaint du syndicat Unsa-Police. «Nous n'approuvons pas tout, mais cette question doit être replacée dans son contexte.»

D'autres ont cité le cas d'un officier décédé lundi près de la ville de Lyon après avoir été intentionnellement percuté par une camionnette lors d'un contrôle et le dernier d'une série de suicides parmi des membres des forces de sécurité.

"Nous avons défendu la République et les politiques nous abandonnent", a déclaré Patrice Ribeiro, secrétaire général de Synergies-Officiers. «Lundi, deux officiers se sont suicidés et un collègue est décédé, sans un mot d'Emmanuel Macron… Le gouvernement se révèle aujourd'hui plus préoccupé par les réseaux sociaux.»