L'ambassadeur des Polonais en France "licencié" pour les critiques de Macron

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L'ancienne candidate à la présidentielle et ancienne ministre française de l'Environnement, Ségolène Royal, a annoncé qu'elle serait renvoyée comme ambassadrice aux pôles Nord et Sud pour avoir critiqué la politique du président Emmanuel Macron.

Mise à jour 12h00 UT – 15/01/2020: Le tribunal financier français a ouvert une enquête préliminaire sur un éventuel détournement de fonds alloués à Ségolène Royal en tant qu'ambassadrice des deux pôles.

Elle est maintenant accusée d'avoir utilisé les fonds à hauteur de 100 000 € à des fins personnelles, notamment dans la promotion d'un de ses livres.

Royal, l'ancien partenaire de l'ancien président socialiste François Hollande, a publié une lettre sur Facebook disant qu'elle avait été officiellement informée de son licenciement imminent.

"Madame l'Ambassadeur, nous envisageons de mettre fin à votre position au vu de vos récentes déclarations publiques contestant la politique du gouvernement à laquelle vous, en votre qualité d'ambassadeur nommé par le gouvernement, êtes étroitement associés", lit-on dans la lettre signée conjointement par les secrétaires généraux de les ministères des affaires étrangères et de l'environnement.

La missive note que le rôle de Royal en tant qu'ambassadrice "implique le devoir de rester discret sur les actions du gouvernement" et qu'un décret mettant fin à sa nomination sera bientôt discuté par le cabinet.

Lire entre les lignes

Royal a déclaré avoir compris dans la lettre du 7 janvier que son licenciement "avait déjà eu lieu".

"Je comprends de cette lettre que le président de la République mettra fin à mes fonctions lors d'un prochain conseil des ministres car je n'ai pas l'intention de renoncer à ma liberté d'expression garantie par la Constitution", a-t-elle écrit.

La nomination de Royal par Macron en tant qu'ambassadeur en Arctique et en Antarctique en 2017 a été considérée comme une sorte de prix de consolation pour l'ancien ministre éternel, qui a raté plusieurs autres postes de haut niveau.

Ces dernières semaines, sa position semblait en danger après une vague de tweets et de déclarations dénigrant le gouvernement et Macron.

Réagissant à l'annonce de Macron en décembre, au milieu des grèves sur les réformes des retraites, qu'il préfigurerait sa propre pension présidentielle, Royal a tweeté que "la vraie question" était de savoir si l'ancien banquier d'investissement reviendrait "dans le monde des affaires mondialisé avec son énorme poignées de main en or "après avoir quitté ses fonctions.

Mettre en place ou se taire?

Dimanche, la ministre de l'Environnement Elisabeth Borne a averti la grande dame du socialisme français, 66 ans, battue à la présidence en 2007 par Nicolas Sarkozy, qu'elle devait choisir.

"Soit elle veut rester ambassadrice, et il y a évidemment un devoir de discrétion, soit elle veut dire ce qu'elle pense … Dans ce cas, elle ne doit plus être ambassadrice", a déclaré Borne à la chaîne d'information BFM.

Plusieurs alliés de Macron avaient accusé Royal de vouloir se venger, après avoir échoué à décrocher un poste de prune au sein du cabinet ou de la Commission européenne.

Le mois dernier, deux députés avaient demandé qu'elle soit convoquée par le Parlement pour rendre compte de son travail sur les Polonais.

Royal avait accusé ses détracteurs d'avoir tenté de faire taire une voix critique.

Mardi, dans son article sur Facebook, elle a promis de présenter un rapport complet sur son travail "dans quelques jours".

(avec AFP)