Griveaux a offert un soutien moral entre les partis après la publication d'une vidéo de sexe

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Délivré le: 14/02/2020 – 14:19

Les dirigeants français de tous les horizons politiques ont appelé au respect de la vie privée après la publication d'une sex tape ayant conduit à la démission de l'espoir de la mairie de Paris, Benjamin Griveaux. Mais le retrait de Griveaux de la course est également un coup dur pour Macron dans sa tentative de contrôler la mairie.

Vendredi, les dirigeants des principaux partis français se sont rendus sur les réseaux sociaux pour dénoncer le lynchage de Benjamin Griveaux, démissionnaire du LREM pour devenir maire de Paris, après qu'un site Internet a publié une vidéo de sexe explicite, qui proviendrait de l'ancien porte-parole du gouvernement.

Selon le journal Libération, la vidéo a été mise en ligne par l'artiste russe de performance Pyotr Pavlensky, devenu célèbre pour avoir cloué son scrotum sur la Place Rouge.

Pavelensky a affirmé avoir mis la vidéo en ligne pour exposer "l'hypocrisie" de l'ex-candidat sur sa position sur les valeurs familiales.

Il a dit avoir obtenu la vidéo d'une "source" qui avait une relation consensuelle avec Griveaux, 42 ans, marié et père de trois enfants.

Vendredi, les rivaux politiques de Griveaux se sont rassemblés autour de lui.

"Refusons ce flot de voyeurisme dans la vie publique française", a tweeté Jean-Luc Melenchon, le chef du parti France Unbowed, un parti de l'extrême gauche, qualifiant "d'odieux" la publication d'images "intimes (conçues) pour détruire un rival".

"Certains coups ne sont pas autorisés", a-t-il ajouté et a appelé ses fidèles à "ne pas participer à un règlement de comptes".

La maire socialiste Anne Hidalgo, qui mène la course dans les sondages d'opinion, a appelé au "respect de la vie privée et des personnes".

Le candidat dissident Cédric Villani, qui a quitté le LREM pour se présenter contre Griveaux, a qualifié l'attaque de «non digne» et de «grave menace pour notre démocratie».

Le candidat vert David Belliard a quant à lui "noté cette décision difficile" et déclaré que "le respect de la vie privée était un droit fondamental qui ne devait être remis en cause par aucun engagement public".

Stanislas Guérini, délégué général du LREM, a remercié Griveaux d’avoir «mis le groupe (les intérêts) devant lui» après des «attaques hideuses» qui ne sont «pas dignes de notre démocratie».

La chute de la grâce

Griveaux a débuté dans la politique locale et s'est élevé dans les rangs de l'ancien ministre socialiste et chef déshonoré du FMI Dominique Strass Kahn (DSK).

Il a travaillé comme conseiller de DSK et a soutenu la tentative infructueuse de ce dernier de diriger le Parti socialiste en 2006.

Sa carrière a décollé en 2015 quand on lui a demandé d'aider à créer En Marche d'Emmanuel Macron! Mouvement.

Considéré comme l'un des alliés politiques les plus proches de Macron, il a été nommé porte-parole du gouvernement à la suite de l'élection de Macron en mai 2017 et a également travaillé comme secrétaire d'État au ministère des Finances et de l'Économie.

Il avait un style franc que certains, même au sein de son parti, appelaient arrogant.

En janvier 2019, il a dû s'échapper de son bureau après que des manifestants de Yellow Vest ont percuté un camion dans son ministère.

Peu de temps après avoir été nommé candidat du LREM aux élections du maire de Paris, son image a pris un coup quand un enregistrement de lui insultant plusieurs de ses collègues a été rendu public.

Sa campagne «Paris avec Benjamin» n’a pas suscité beaucoup d’enthousiasme et il a été ridiculisé sur les réseaux sociaux pour avoir projeté de déplacer la Gare de l’Est et de créer un «Central Park» parisien à sa place.

Des sondages récents l'ont montré en queue de peloton à la troisième place à Paris, où Macron avait confortablement gagné aux élections présidentielles de 2017.

Coup pour Macron

Griveaux a déclaré que le projet du LREM pour Paris continuerait «mieux sans (lui)» ajoutant que «les Parisiens méritent une campagne digne».

Le LREM se réunit vendredi pour planifier une nouvelle stratégie pour le parti.

Il est loin d’être clair s’il pourrait rallier le dissident Cédric Villani ou présenter un autre candidat.

Mais il ne fait aucun doute que le scandale de Griveaux est un coup porté à l’ambition de Macron de reprendre le contrôle de la mairie de Paris.

Bien que Griveaux n'ait jamais été un favori dans la campagne, il y avait de l'espoir qu'un bon score à Paris aiderait à consolider la base de Macron avant sa candidature à la réélection en 2022.

Lors des prochaines élections locales des 15 et 22 mars, le LREM risque de subir de lourdes pertes dans les zones rurales où les politiques de Macron se sont heurtées à la résistance et ont licencié le mouvement de protestation «Gilet jaune».

On espérait qu'une performance décente dans le capital compenserait ces pertes anticipées.

Le parti au pouvoir de Macron, quant à lui, perd son soutien.

Trois députés ont fait défection début février, laissant le parti avec 300 députés à l'Assemblée nationale, contre 314 au début de son mandat.

De récents sondages d'opinion suggèrent que moins d'un tiers des Français considèrent désormais Macron favorablement.