Lutte anti terrorisme : le PNR adopté par le Parlement européen

PNR

Après plusieurs années, le Parlement européen à Strasbourg a finalement donné son accord définitif ce jeudi 14 avril pour le Passenger Name Record (PNR), un fichier qui regroupera toutes les données sur les passagers aériens européens.

Après 5 ans de débats, le projet de « Passenger name record » ou PNR a été adopté ce matin par les eurodéputés, par 461 voix pour et 179 voix contre. Certains trouvaient ce projet liberticide, d’autres le trouvaient indispensable à la lutte anti terroriste, mais les attentats de Bruxelles le 22 mars ont sûrement accéléré un peu le processus. Bernard Cazeneuve, le ministre de l’Intérieur français, avait réclamé cette mesure « indispensable » juste après les attaques à Paris en janvier 2015, pour lutter contre le terrorisme plus efficacement. «J’espère que nous aurons un vote positif», avait rapporté mercredi à Strasbourg Timothy Kirkhope, député conservateur britannique à l’occasion d’une session plénière du Parlement  lundi. «Nous avons créé une directive qui va sauver des vies» avait-il argumenté.

Quel est le but de ce PNR ?

Le but de ce projet n’est pas de monter un fichier avec les habitudes alimentaires des passagers aériens ou leurs habitudes personnelles, mais de regrouper des informations utiles pour traquer les terroristes. « Qui voyage et avec qui ? » intéresse plutôt les autorités, pour permettre de tracer les itinéraires aériens des potentiels terroristes, en se basant sur des informations obligatoirement communiquées par les compagnies aériennes. Ces fichiers devront être transmis aux Etats européens, qui se les partageront ensuite. Les transporteurs aériens auront donc l’obligation de transmettre via ce PNR des données sur leurs passagers comme le nom, l’adresse, le numéro de passeport et de carte bancaire du passager, ainsi que ses dates de voyages et les destinations dans lesquelles il se rend.

Ces données iront vers les Etats européens concernés par un vol depuis ou vers un autre pays. C’est ainsi que les pays de l’Union Européenne pourront élargir le champ aux vols intra-européens. Le but de la manoeuvre est de détecter des individus qui jusqu’à présent n’ont pas été soupçonnés de terrorisme, et de déclencher une enquête à partir d’une analyse suspecte de ses données. Une fois le projet adopté, les États membres ont deux ans pour transposer la directive dans leurs législations nationales. «On ne peut pas attendre deux ans pour le mettre en place, nous n’avons pas de temps à perdre», s’est impatienté mercredi Dimitris Avramopoulos, le commissaire européen.

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Passionnée d'actualités, Estelle s'occupe des rubriques France, International et Economie.

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