Le procès d'un prêtre pédophile français commence tard en raison de la grève des avocats

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Le procès d'un prêtre français accusé d'avoir abusé sexuellement de plusieurs dizaines de boy-scouts a commencé à Lyon, après qu'une grève des avocats sur la réforme des retraites a retardé la procédure d'une journée.

L'affaire de Bernard Preynat, 74 ans, est le scandale d'abus sexuels de l'Église catholique le plus étendu à ce jour devant les tribunaux français. Cela impliquait des accusations d'abus sexuels sur plusieurs décennies et des allégations de dissimulation au sein de la hiérarchie de l'Église.

Preynat fait face à des accusations d'agression sexuelle contre 10 mineurs entre 1986 et 1991 et a reconnu avoir abusé sexuellement de garçons dans les années 1970 et 1980, bien qu'il ne puisse pas faire l'objet de poursuites judiciaires pour les incidents présumés précédents, car ils dépassent le délai de prescription.

"J'ai entendu la souffrance de ces personnes, dont je suis coupable", a déclaré lundi Preynat au tribunal. «J'espère que ce procès pourra se dérouler le plus rapidement possible.»

Les victimes présumées, qui ont attendu des décennies des incidents survenus alors qu'elles avaient entre sept et 15 ans, ont déclaré qu'elles étaient impatientes de confronter enfin l'ancien prêtre.

«J'ai beaucoup de choses à dire à Preynat et beaucoup de choses me reviennent avec ce procès», a déclaré l'un des plaignants, Pierre-Emmanuel Germain-Thill.

Le procès a débuté brièvement lundi jusqu'à ce que le président du tribunal annonce un délai de 24 heures, réduisant la procédure à quatre jours, en réponse à une demande d'avocats protestant contre les projets du gouvernement français de réformer le système de retraite.

"Nous sommes conscients que ce procès est très important, mais nous pensons qu'il ne conviendrait pas de lui accorder un traitement spécial", a déclaré Serge Deygas, chef du barreau de Lyon, accompagné d'une dizaine d'avocats en grève au tribunal.

Une église accusée de dissimuler des abus

Les parents ont alerté le diocèse de Lyon pour la première fois des abus présumés de Preynat en 1991. Le prêtre a juré au cardinal à l’époque qu’il ne toucherait plus à un enfant, et aucune victime ne s’est manifestée après avoir commis des abus.

Les abus allégués se sont produits lorsque Preynat a supervisé un camp scout dans une école privée catholique de la banlieue de Lyon pendant une période de 20 ans. Il a continué comme prêtre dans les montagnes près de Lyon jusqu'en 2015.

Son passé a commencé à le rattraper en 2014, lorsque la première des nombreuses victimes présumées s'est manifestée à l'âge adulte pour accuser publiquement le prêtre de mauvais traitements et demander à l'église pourquoi il était toujours au pouvoir.

Ces révélations ont conduit l’ancien cardinal Philippe Barbarin à être reconnu coupable de ne pas avoir informé les autorités judiciaires des actions du prêtre en mars dernier. Barbarin a cherché à démissionner, mais le pape François a refusé d'accepter sa démission jusqu'à ce que le processus d'appel soit terminé.

Ce n’est qu’après la condamnation de Barbarin que l’Église catholique française a reconnu Preynat coupable d’abus et l’a retiré du sacerdoce.

Plusieurs autres responsables de l'Église ont été accusés d'inaction à l'égard des allégations d'abus de Preynat, dont le haut fonctionnaire du Vatican, le cardinal Luis Ladaria. Le Vatican a invoqué son immunité en tant que fonctionnaire d'un État souverain.