Le don du sang ouvert aux homosexuels

Annoncé en novembre 2015, la levée de l’interdiction du don du sang pour les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes prend forme et va être effective dès le printemps 2016. Marisol Touraine, la ministre des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes souhaitait voir disparaitre cette discrimination le plus rapidement possible. 

Il faut rappeler que depuis plus de 30 ans, les hommes homosexuels ne sont plus autorisés à donner leur sang. En effet, la loi du 4 janvier 1993, relative à la sécurité en matière de transfusion sanguine et de médicament avait renforcé les conditions.

Une avancée avec beaucoup de conditions

Un arrêté paru le 5 avril au Journal Officiel annonce qu’à partir du printemps 2016, les homosexuels et les bisexuels pourront participer aux collectes organisées par l’Etablissement Français du Sang (EFS).logo-don-du-sang

Dans cet arrêté, nous pouvons lire les conditions à respecter pour qu’un don soit effectif et ces conditions sont drastiques.

En effet, seuls les homosexuels n’ayant pas eu de relations homosexuelles pendant un an pourront donner leur sang. Les hommes qui, au cours des quatre derniers mois, n’auront pas eu de relation sexuelle avec un homme ou auront eu un seul partenaire sur cette période pourront pour leur part donner leur plasma par le biais d’une filière spécifique

Pour résumer, dans 3 mois, la date à laquelle le texte sera applicable, les hommes ayant eu un rapport sexuel avec un autre homme pourront donner leur sang « 12 mois après le dernier rapport sexuel ». 

Des conditions fortement débattues

Par ailleurs, ces conditions s’appliquent également aux femmes dont le partenaire masculin a eu lui-même un rapport sexuel avec un homme dans les douze derniers mois. Ces indications sont les mêmes pour les usagers de drogue afin de limiter leur risque de transmission d’agents infectieux comme le VIH mais également le virus de l’herpès.

Néanmoins, nombreuses sont les associations ont dénoncé ces critères comme trop drastiques. Certains politiques sont aussi du côté des associations et demandent les « mêmes règles » pour tous les candidats au don, quels que soient leur sexe et leur orientation sexuelle. « Le maintien d’une telle discrimination entre personnes hétérosexuelles et homosexuelles est inadmissible », a de son côté estimé Arnaud Richard, député UDI, tandis que le PCF a dénoncé « une discrimination pure et simple ».

Pour rassurer, la ministre a annoncé que dès que les données scientifiques permettront de montrer que le risque de prélever du sang chez ces donneurs n’est pas plus élevé que chez les hétérosexuels, les conditions seront revues et se rapprocheront des règles générales.

About Lorene 14 Articles
Lorène est notre experte Santé ! Elle vous dira tout sur les dernières avancées médicales.

Be the first to comment

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*